Le conseil municipal de Racine est retourné à la planche à dessin et a refait ses devoirs. Il a présenté à ses citoyennes et citoyens, fin avril, une nouvelle mouture du projet L’Orée du Parc. Puis l’a adopté par résolution début mai. Une révision en profondeur qui reçoit désormais un accueil favorable.
Le nom est quasiment resté le même sur papier, lors de l’adoption du règlement : Plan Particulier d’Urbanisme L’Orée du Parc. En référence au fait que ce nouvel espace est situé à l’une des entrées du village de Racine, à proximité de l’agrandissement du parc national du Mont-Orford.
Le maire de Racine, Mario Côté, tient toutefois à faire savoir qu’on souhaite dorénavant désigner publiquement ce projet par le nom : «PPU Racine».
«Les gens n’avaient pas nécessairement compris que le nom que nous utilisions était le nom d’un projet particulier d’urbanisme. Pas le nom d’un développement immobilier comme tel. Peut-être que le futur promoteur utilisera un autre nom», précise-t-il.
Un «plan particulier d’urbanisme» (PPU) est une composante du plan d’urbanisme d’une municipalité. À Racine, ce PPU présente la vision d’aménagement spécifique d’un secteur encore vacant du village. Pour encadrer son développement futur et assurer sa cohérence. Cet outil de planification offre ainsi des balises claires à d’éventuels promoteurs immobiliers.

Une version 2.0 qui plait à la population
On se rappellera qu’un très grand nombre de citoyennes et citoyens s’étaient présentés lors d’une assemblée publique de consultation tenue le jeudi 9 octobre 2025. À cette occasion, plusieurs personnes avaient fait connaître leurs inquiétudes vis-à-vis du projet présenté. Qui comprenait la possibilité de construire des multilogements, des commerces et des résidences.
Au cours des mois qui ont suivi, la municipalité a rencontré individuellement les propriétaires et les entreprises touchés par ce plan. Afin de prendre le temps de les entendre de façon plus particulière.
Ces travaux ont permis de modifier le projet de départ, en tenant compte des préoccupations. La nouvelle version a été présentée à la fin avril lors d’une activité publique. Résultat : ce PPU «2.0» plait désormais à une plus grande partie de la population.
«Lors de la séance d’octobre 2025, les membres du conseil municipal qui étaient présents avaient dit aux citoyens que nous les avions entendu et avions compris leurs demandes. Je l’avais aussi promis en campagne électorale. On a donc revu le projet pour que les gens soient d’accord», explique Mario Côté.

Des ajustements ciblés
Le PPU s’axe autour d’une vision d’aménagement centrée sur une vocation à la fois résidentielle et commerciale. Pour laquelle on veut faciliter la mobilité active des déplacements, pour connecter ce nouveau quartier au reste du village par le biais de pistes multifonctionnelles. Permettant ainsi une alternative à l’automobile.
Le maire illustre certains de ces ajustements. «Des citoyens avaient peur qu’il y ait beaucoup de trafic sur la rue de la Rivière, avec l’ajout potentiel de 150 à 200 portes et un prolongement jusqu’au chemin de la Grande-Ligne. Nous avons fait en sorte que ce quartier débouche sur un rond-point. Et qu’il soit relié avec un lien pédestre et cyclable. Ce qui évite trop de circulation automobile.»
Autre exemple, la crainte de voir apparaitre des immeubles d’appartement tout près d’un quartier résidentiel.
«S’il y a éventuellement des blocs appartements, ils seront plus près du chemin de la Grande-Ligne, où il n’y a pas déjà d’habitations. Les gens n’auront donc pas l’impression que du monde regarde dans leur cour. Ça a éliminé beaucoup de grogne.»
Une entreprise d’entreposage, qui opère déjà dans ce secteur et craignait pour ses opérations, pourra conserver ses acquis. «L’entreprise a un grand terrain très profond. L’entrepreneur a réalisé qu’à l’arrière de son terrain, il va pouvoir vendre des lots pour de la construction résidentielle. C’est un beau potentiel et il était bien heureux.»
La municipalité fait savoir qu’aucune expropriation n’est prévue et que chaque propriétaire conserve ses droits acquis.

Considération pour l’environnement
On souhaite aussi préserver les milieux humides ainsi que certains boisés, en limitant l’abattage d’arbres. Et ce, pour conserver une trame écologique à l’intérieur du périmètre d’urbanisation. De même, la municipalité veut aménager un parc au cœur de ce nouvel espace, autour de bassins d’eau.
On va privilégier l’intégration d’une végétation abondante plutôt que du bitume. Ce qui permettra d’éviter la création d’ilots de chaleur et de mieux gérer les eaux de pluie, dans un contexte de changements climatiques.

Cohabitation harmonieuse avec le bâti
En ce qui a trait à l’architecture, la municipalité veut que ce nouveau quartier ait à la fois une influence contemporaine et une touche rustique. Pour qu’il y ait une cohabitation harmonieuse avec le bâti existant.
On prévoit l’installation de maisons unifamiliales jumelées, d’unifamiliales de petit gabarit, de maisons de ville en rangée et de bâtiments multilogements.
Le maire convient que la présentation de l’automne 2025 montrait des photos qui ont induit les citoyens en erreur.
«On a mis des images qui ne correspondaient pas à Racine. Les gens avaient raison. Ce n’est pas nécessairement tout à fait ce qu’on voulait. Nous avons fait attention de corriger ça dans ce qu’on a présenté récemment.»
«Les gens étaient très heureux»
La réponse citoyenne est désormais beaucoup plus positive.
«Les gens étaient très heureux de la présentation. Même les personnes qui étaient opposées au début nous ont remercié pour le travail et nous ont dit que nous les avions écoutées. Ils sont tous sortis contents.»
Il ajoute :
«Ce que les gens n’avaient peut-être pas compris, c’est qu’en octobre, nous avions organisé une consultation. Nous ne pouvions pas arriver à cette consultation avec une page blanche. On a donc mis quelque chose sur la table. C’était peut-être trop gros. Comme promis, nous l’avons révisé en profondeur. À la satisfaction des citoyens.»
Le maire croit que l’ensemble du projet, lorsqu’il verra le jour, devrait se déployer pendant environ une douzaine d’années. Rappelant que ce qui a été présenté est un cadre réglementaire et non un projet de construction. «Pour l’instant, il n’y a même pas de promoteur. On n’est pas rendu là», tient-il à souligner.
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